Le collier rouge – Jean- Christophe Rufin

Le collier rouge – Jean-Christophe Rufin

Comme dit plus bas, le format était vraiment pratique. Et je trouve l’image du chien émouvante au possible, ce qui en rajoute encore!

Résumé éditorial : Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur d’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte.

Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère.

Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes.

Trois personnages et au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame…

Avis personnel : Je crois que je vais commencer cette chronique par le format du roman. C’est un folio poche, très pratique à trimbaler un peu partout avec soi. Mais quand je dis très pratique, ça veut dire que c’est vraiment très pratique : j’ai lu ce livre en une soirée parce qu’il est très court (environ 162 pages) mais aussi parce que j’ai pu l’emmener partout avec moi, le glisser où je voulais et c’était fichtrement commode (vieille expression bonjour ! ;)).

Il s’agit d’un petit roman, d’une courte histoire sur fond de guerre 14-18 intrigante.

Le récit se déroule en 1919, en pleine campagne. Il y a peu de personnages donc je ne m’y suis pas perdue, entre les trois personnages principaux et la petite poignée de secondaires, pas de méli-mélo possible !

L’intrigue repose autour d’un personnage en particulier, Jacques Morlac. Ayant commis un outrage à la Nation (qu’on ne connaîtra qu’à la fin du roman, bien entendu), cet ancien poilu est emprisonné dans une caserne en plein mois d’août et surveillé par un ancien soldat ronchon qui ne supporte ni la chaleur, ni le bruit. Autant dire qu’il est servi puisque le chien de Morlac s’est installé devant la caserne et aboie sans discontinuer, nuit et jour.

Le juge chargé de mettre l’affaire au clair et de condamner ou non Morlac, Lantier, finit par arriver au village. Il interroge aussitôt le prisonnier et se fait une petite idée du personnage, au fil des jours… et surtout de ce qui l’a amené là où il est, puisque l’accusé refuse catégoriquement tout traitement de faveur (il y aurait droit parce qu’il a été décoré de la Légion d’honneur pendant la guerre).

Si ce bref résumé ne vous a pas mis l’eau à la bouche, sachez que moi non plus, je n’étais pas très emballée en le lisant (le résumé, hein!), surtout que ça faisait un moment que je ne m’étais pas plongée dans un roman historique.

Et puis je me suis dit que si je ne m’y mettais pas maintenant, il risquait de finir comme tous ces pauvres bouquins oubliés dans ma PAL et que ce serait une lecture rapide qui ne me ferait pas de mal du tout.

J’ai eu raison.

Le roman est un peu trop court pour qu’on s’attache vraiment aux personnages, mais on en garde quand même un bon souvenir parce qu’ils sont indéniablement humains. Aucun d’eux n’est noir ou blanc : ils sont tous un mélange plus ou moins foncé et clair de couleur, c’est ce qui fait leur charme. Je dois dire que je n’appréciais pas beaucoup Lantier au début et que j’ai fini par beaucoup l’aimer à la fin, alors que le phénomène inverse s’est produit pour Morlac. Quant à Valentine, le « troisième » personnage phare du roman, elle me laisse assez mitigée. Je pense qu’il faut lire pour comprendre.

Tout au long du récit, on ne sait rien des actes de Morlac ni de sa vie antérieure, les combats et même son enfance. On apprend toute son histoire au fil de ses révélations pas banales. C’est une histoire torturée, dure pour les personnages et qui m’a fait beaucoup réfléchir sur certains thèmes importants, la guerre, la fidélité et l’orgueil. Les différents personnages en sont de parfaites représentations.

Mais, comme dit dans la quatrième de couverture, cette histoire reste une histoire de fidélité. Parce qu’au final, mon personnage préféré reste… Guillaume, le chien de Morlac ! Aussi bête que cela puisse paraître, ce chien est magnifiquement bien décrit. On ne ferait pas un personnage plus réel, et toute l’intrigue tourne autour de lui, on revient toujours à lui dans les versions de l’histoire de chaque personnage.

J’ai eu un gros coup de cœur sur ce chien. Et sur la fin, aussi. Je ne vous en dirai pas plus mais sachez que ce roman est assez simple et pas du tout violent, malgré les sujets durs qui y sont abordés. Il y a une certaine distance entre les événements et les personnages, c’est clair et précis, l’auteur ne s’embarrasse pas de tournures alambiquées et rien que pour ça, je dis bravo. Dans ce style de récit, on peut facilement trouver des auteurs pompeux qui sortent tous les mots les plus compliqués de leur vocabulaire pour épater la galerie.

Moi, personnellement, après deux passages dans le dictionnaire, j’abandonne. Une lecture reste une lecture, on n’a pas à sentir le style qui se veut supérieur de l’auteur quand on lit un livre, ça doit couler de source. Et sur ce point-là, Jean-Christophe Rufin se débrouille comme un chef puisque ses mots frappent là où il faut, comme il faut. Il n’essaye pas de montrer à quel point il est érudit et c’est un plaisir.

Il faut aussi savoir que toute le récit à un fond de vérité qui est dévoilé dans l’épilogue. Je ne rajouterai rien mais ce petit épilogue est pour moi, très important… Et l’auteur fait parti de l’Académie Française, en passant…

Note : 3,5/5. Je pense que c’est dû au fait que je sois « moins » enthousiasmée par les romans historiques en ce moment, malgré le fait que j’en ai plusieurs qui m’attendent avec impatience dans ma bibliothèque…  Quant au reste, j’ai déjà dit que je ne m’étais pas vraiment attachée aux personnages puisque le récit était très bref. Un livre que je conseille quand même, rien que pour le contexte et les thèmes sur lesquels il fait réfléchir.

 « Il avait toutes les qualités qu’on attendait d’un soldat. Il était loyal jusqu’à la mort, courageux, sans pitié envers les ennemis. Pour lui, le monde était fait de bons et de méchants. Il y avait un mot pour dire ça : il n’avait aucune humanité. Bien sûr, c’était un chien… »

Morlac, parlant de Guillaume (son chien).

Truc.

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2 réflexions sur “Le collier rouge – Jean- Christophe Rufin

  1. latetedansleslivres dit :

    J’avais hésité à lire ce livre parce qu’effectivement, je n’étais pas vraiment tentée par le résumé et j’ai souvent du mal à m’attacher aux personnages de Jean-Christophe Rufin… Du coup, pas sûre que je lirais un jour ce livre!

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  2. Truc et Nola dit :

    Honnêtement, si tu as des priorités, d’autres livres que tu as envie de lire, j’en passe et des meilleurs, ce n’est pas un drame si tu ne le lis pas. C’est un livre qui se lit vite et bien quand on l’a avec soi et qu’on a rien d’autre de plus « urgent » à lire!
    Eh bien, pour l’attachement aux personnages, on est deux! J’y croyais pas quand je me suis rendue compte que mon personnage préféré était Guillaume! XD

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