Debout-payé – Gauz

Debout-payé – Gauz

 

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Résumé éditorial : « Debout-payé : désigne l’ensemble des métiers où il faut rester debout pour gagner sa pitance. » De son expérience de vigile au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Elysées, Gauz a tiré un roman puissant, intelligent et satirique où il dénonce notre indifférence à l’égard des immigrés. A travers différents personnages, dont Ossiri, un étudiant ivoirien sans papiers devenu « debout-payé », il raconte l’immigration africaine en France et son histoire politique et coloniale. De son regard acéré, le vigile scrute avec ironie, colère et humour l’évolution de son métier et de notre société. Le portrait implacable d’un consumérisme effréné.

Avis personnel: Oui, ça fait un petit bout de temps que ce blog n’a pas été mis à jour, la faute a un manque cruel de lecture (et un vide. Pas envie de lire de mon côté. Véritable passage à vide). Aujourd’hui, en un jour qui est plus ou moins joyeux (dépend si vous êtes partisan du Brexit ou non; mais ça, ça vous regarde), je me suis dit que ce serait plutôt bien de poster sur le dernier-livre-lu-depuis longtemps, si on exclue toutes les pièces de théâtre lues entre-temps (si quelqu’un connaît l’œuvre de Wajdi Mouawad, par exemple, je serais ravie d’en parler!)

J’ai donc lu Debout-payé de Gauz, l’ayant acheté puisqu’il me disait quelque chose… (il me semble que MissBook en a fait une vidéo il y a quelques temps)

Dans ce livre se mêlent le destin de plusieurs personnages, immigrés issus d’Afrique qui viennent en France avec plus d’espoir qu’autre chose dans leur valise…

« Les Noirs sont costauds, les Noirs sont grands, les Noirs sont forts, les Noirs font peur. Impossible de ne pas penser à ce ramassis de clichés du bon sauvage qui sommeillent de façon atavique à la fois dans chacun des Blancs chargés du recrutement, et dans chacun des Noirs venus exploiter ces clichés en sa faveur.« 

Le livre, comme on peut s’en douter, aborde le métier de vigile où se retrouvent beaucoup d’immigrés, leur emploi basé sur les préjugés ci-dessus. A partir de là, on a le droit à une critique mordante de la société de consommation, notamment à Sephora et Camaïeu et rien que pour ça, je vous conseille Debout-payé. Le vigile voit tout mais personne ne le voit: c’est l’avantage/inconvénient de son métier.

En témoigne le passage ci-dessous:

 » Le portique de sécurité sonne quand quelqu’un sort ou entre avec un produit qui n’est pas démagnétisé. (…) il est impressionnant de voir comme presque tout le monde obéit à l’injonction sonore du portique de sécurité. (…) Mais les réactions divergent selon les nationalités ou les cultures:

  • Le Français regarde dans tous les sens comme pour signifier que quelqu’un d’autre que lui est à l’origine du bruit et qu’il le cherche aussi, histoire de collaborer.
  • Le Japonais s’arrête net et attend que le vigile vienne vers lui.
  • L’Américain fonce directement vers le vigile, sourire aux lèvres et sac entrouvert.
  • L’Allemand fait un pas en arrière pour tester et vérifier le système.
  • Un jour, un homme s’est carrément évanoui. Il n’a pas pu donner sa nationalité. »

J’ai dû couper ce passage franchement génial à cause de sa longueur, puisqu’on a aussi le droit au Chinois, à l’Africain, à l’Arabe du Golf… Bref, une critique sur le ton de l’humour, un humour ravageur!

Mais, derrière cet humour mordant, on a aussi le droit à un retour historique, une critique de la colonisation et des séquelles qu’elle a laissées d’abord, mais aussi un retour sur la crise de 1975 et ses conséquences pour les sans-papiers en France, un autre retour sur le 11 Septembre et ses nouvelles conséquences du même acabit… Le cadre temporel est là et bien décrit, il n’y a pas à dire.

L’histoire alterne donc entre passages plus « sérieux » d’un côté, et pensées, réflexions des différents vigiles, que ce soit à Camaïeu ou à Sephora de l’autre (mes passages préférés, notamment parce qu’ils m’ont donné envie de me rendre dans ces boutiques pour jeter un coup d’oeil aux clients…)

Malgré l’écriture simple et teintée d’humour, je n’ai pas totalement réussie à rentrer vraiment dans l’histoire, notamment à cause du nombre important de personnages qui permettent certes de représenter les multiples vies et témoignages qui s’entre-croisent,  mais aussi dans mon cas de perdre le lecteur. Je n’ai pas réussi à m’identifier à un seul personnage, ce qui a sans doute altéré un petit peu mon enthousiasme général…

Cependant, je conseille à tout le monde Debout-payé, pas seulement pour la critique fine qu’il délivre mais aussi pour les passages hilarants, moins importants mais tout aussi bien écrits qui s’y trouvent.

Note: 3/5. Avec un peu d’hésitation.

T.

 

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