The Big Lie – Julie Mayhew

The big lie – Julie Mayhew

 

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Résumé éditorial :   NAZI ENGLAND, 2014.

Jessika Keller is a good girl.

A champion ice skater, model student of the Bund Deutscher Mädel and dutiful daughter of the Greater German Reich.

Her best friend Clementine is not so submissive. Passionately different, Clem is outspoken, dangerous, radical. And the regime has noticed.

Jess cannot keep both her perfect life and her dearest friend, her first love. But which can she live without?

Avis personnel : Comme vous l’avez deviné (ou pas), The Big Lie est une uchronie.

UCHRONIE : genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé.

Une bonne vieille uchronie comme on les aime (enfin, comme je les aime. J’ai un faible pour les uchronies). Celle-ci en particulier m’a tout de suite parut alléchante, je trouve le résumé par-fait, surtout après avoir lu le livre. Bien dans l’esprit, l’ambiance de l’histoire et qui en dit assez pour qu’on ait envie de se plonger dans sa lecture, sans découvrir trop d’éléments.

La couverture est, elle-aussi, bien trouvée, en particulier le titre qui vient masquer les yeux de la jeune fille qu’on devine être l’héroïne, Jess. Le rose qui pourrait rappeler de la peinture (au premier abord) me donne plutôt l’impression d’être du sang, mais je ne suis pas sûre à 100% sur ce point – le rose pourrait tout aussi bien représenter la féminité, puisque les personnages féminins sont nombreux.

Je ne sais pas si vous connaissez Londres, et si vous connaissez, je ne sais pas si vous connaissez Foyles, et si vous connaissez, je ne sais pas si vous connaissez le sous-sol, et si vous connaissez, eh bien… bravo. Vous venez de tomber, à quelques rayons près, sur le petit coin de paradis où j’ai trouvé The Big Lie.

(Lecture + Londres = Foyles. Sans rire. Si vous visitez Londres et que vous aimez lire, Foyles est une librairie avec cinq étages – cinq étages – qui ne pourra que vous plaire. Sincèrement. EMMENEZ-MOI AVEC VOUS !)

Bref. Foyles est mon temple, tout le monde l’aura compris.

Et je ne suis pas déçue par ce que j’ai pu y découvrir, puisque je considère The Big Lie comme une très bonne lecture !

Le style de l’auteur, la manière dont elle a de raconter les souvenirs, les émotions, les sentiments de Jessika est assez remarquable, dans l’ensemble. De toute façon, je ne dois pas être très objective sur ce point puisque j’adore la langue anglaise et la forme d’écriture que proposent les romans anglophones. Ça ne doit pas être très clair (hum hum), mais je trouve qu’il y a quelque chose dans les romans anglais, une manière de raconter les choses… qui est différente de ce qu’on a l’habitude de voir dans les romans/traductions françaises. Bref. Je ne vais pas m’attarder sur le sujet (étant incapable de l’expliquer. Yes. Je sais, un long paragraphe que je vous aurais fait lire pour rien… –‘)

Côté écriture, donc, aucun souci. Les personnages ne sont pas en reste : Jessika m’a parfois irritée parce qu’elle hésite beaucoup à prendre de véritables décisions, à se remettre en question, à remettre en question le monde dans lequel elle vit… Mais, en y réfléchissant, il faut se mettre à sa place.

Imaginez l’Angleterre. Imaginez que l’Allemagne Nazie ait gagné la Seconde Guerre Mondiale. Imaginez-vous être une adolescente de bonne famille, dont le père a un poste plutôt important dans le régime (qu’il adule d’ailleurs) et qui n’a jamais entendu autre chose que : « les autres pays sont mauvais ! Ils vivent de manière dégradante ! Ils veulent détruire la grande civilisation du plus grand German Reich ! ». Ça y est, vous visualisez ? Bon. C’est du pur et simple lavage de cerveau. Quand on a entendu la même rengaine patriotique, xénophobique et raciale toute sa vie, ce doit être plus que difficile de tout remettre en question.

Donc, en y réfléchissant bien, je trouve le personnage de Jess bien écrit, décrit, structuré et franchement plausible. Evidemment, d’un autre côté, on a Clementine, son parfait opposé mais sa meilleure amie tout de même. Clementine, au contraire, a des parents plutôt « ouverts d’esprit », dans le sens où ils n’approuvent pas le régime sous lequel ils vivent, ce qui fait qu’ils ont eux-même influencé leur fille à se forger sa propre opinion et à ne pas se faire laver le cerveau.

Les autres personnages sont tout aussi réalistes et bien faits. On s’attache rapidement à eux, malheureusement. Pourquoi malheureusement ? Parce que Julie Mayhew n’a pas construit sa petite uchronie pour que les personnages se rebellent tels des warriors qui ont fait la guerre toute leur vie, renversent le régime (personne ne meurt, c’est évident !) et vivent happily ever after avec des licornes roses et des paillettes fluorescentes !

On reste dans un univers sombre, oppressant, crédible quoi ! Un univers où tout paraît parfaitement rangé et ordonné au premier abord avant de se dégrader peu à peu au fil des pages. L’ambiance générale passe de gaie (moui) à franchement sombre au fur et à mesure des découvertes de Jess et de sa prise de conscience de la formidable toile d’araignée dans laquelle elle est engluée.

Autant l’avouer, ce roman a une bonne dose de tragique à revendre. Et pile au moment où on s’y attend le moins. Pas traumatisant (ç’aurait pu l’être) mais pas non plus à lire si on est complètement déprimé(e)…

L’intrigue est bien ficelée et je n’ai pas été déçue par la fin du roman qui est d’ailleurs un one-shot, c’est-à-dire qu’il n’a pas de suite (ce qui est tout aussi bien).

Il y a aussi une dose de féminisme (miam !) et de relations lesbiennes dans The Big Lie. Si ça vous gêne, il vaudrait mieux passer votre chemin… Ce sont des éléments primordiaux dans l’histoire, puisque le régime nazi réprime tout, comme vous en vous doutez. Il est donc d’autant plus difficile pour Jess d’y vivre, et plus facile pour elle de comprendre qu’elle ne vit pas dans un monde parfait.

Dernière petite remarque : ne faites pas comme moi (alias Truc-l’aveugle), il y a beaucoup de termes allemands (l’allemand étant une des langues obligatoires dans l’Angleterre Nazie, je pense que je ne surprends personne) dispersés ici et là. J’aime vraiment l’allemand (oui, franchement) mais j’ai de grosses lacunes niveau vocabulaire et je me suis embêtée à chercher les mots/phrases que je ne comprenais pas dans un fichu dictionnaire, tout ça pour réaliser qu’il y avait un lexique en fin de livre.

Yep.

Conclusion: à lire et à partager, bien entendu!

« Duty sets you free »

Note: 4/5. Une très bonne lecture; si vous le lisez, dites m’en des nouvelles!

T.

 

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