Un brillant avenir – Catherine Cusset

Un brillant avenir – Catherine Cusset

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(Prix Goncourt des lycées 2008)

Résumé éditorial: Elena, une jeune Roumaine née en Bessarabie et ballottée par l’Histoire, rencontre à un bal en 1958 un homme dont elle tombe passionnément amoureuse. Il est juif, et ses parents s’opposent au mariage. Elena finit par épouser Jacob et par réaliser son rêve : quitter la Roumanie communiste et antisémite de Ceauescu. Émigrer aux États-Unis.

Elle devient américaine, et se fait appeler Helen. Elle a rompu avec le passé, mais l’avenir n’est plus un rêve. Helen est maintenant confrontée à une réalité qui lui échappe : la maladie et la dépression de son mari ; l’indépendance de ce fils à qui elle a tout sacrifié, et qui épouse une Française malgré l’opposition de ses parents.

Cette jeune femme égoïste, arrogante, imbue d’un sentiment de supériorité presque national, Helen ne l’aime pas. Cette belle-mère dont le silence recèle une hostilité croissante, Marie en a peur. Pourtant, entre ces deux femmes que tout oppose – leur origine, leurs valeurs et leur attachement au même homme –, quelque chose grandit qui ressemble à de l’amour.

Avis personnel:

Un brillant avenir ayant reçu le prix Goncourt des lycéens 2008, je m’attendais peut-être à beaucoup trop pour un seul livre. Je n’ai pas été vraiment déçue… mais je ne pense pas que ce roman soit pour autant un incontournable du genre.

L’histoire d’Elena – devenue Helen de sa propre initiative – est émouvante. On suit le parcours de cette petite fille à travers différentes étapes de sa vie, les plus importantes. Le livre est d’ailleurs découpé en quatre parties distinctes contenant chacun des points importants de la vie d’Helen à chaque grande étape : « Fille », « Amante », etc…

Le récit alterne sans arrêt entre le passé d’Helen et sa vie actuelle : le passé et le présent se heurtent sans arrêt. La date est inscrite à chaque chapitre donc on se repère assez bien et, à ma grande surprise, je n’ai pas été perdue entre tous ces changements temporels. Catherine Cusset sait où elle veut nous emmener et structure bien son histoire dans cette optique.

Le but de cette narration à deux époques différentes est de montrer le côté psychologique du personnage d’Helen et d’expliquer ses réactions au travers des événements auxquelles elle a dû faire face. Sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille, c’est certain.

On suit alors le personnage de sa Bessarabie natale à la Roumanie antisémite, jusqu’à Israël et enfin New-York. Ces immigrations sont à chaque fois de durs passages dans la vie d’Helen, qui les supporte comme elle peut : cependant, il ne faut pas croire qu’Helen est passive puisque c’est elle qui incitera son mari et son fils à quitter Israël pour les Etats-Unis. Helen est une femme forte au caractère prononcé ayant dû faire face à la perte de proches, à des problèmes familiaux, au refus de ses parents de la laisser épouser Jacob, juif en pleine Roumanie sous dictature communiste…

J’ai beaucoup apprécié ce personnage pour tous ces éléments. Même si elle a parfois des réactions exagérées, elle est humaine et essaye de prendre les meilleures décisions possibles pour sa famille, composée d’elle-même, de Jacob et de leur fils, Alexandru.

C’est d’ailleurs « pour le bien » d’Alexandru qu’elle refuse en premier lieu qu’il épouse Marie, sa fiancée française.

Personnellement, c’est là que les choses se sont corsées : j’ai eu beaucoup de mal à apprécier le personnage de Marie que je trouvais insupportable et j’ai trouvé que les réactions d’Helen étaient parfois très excessives face à elle. J’étais vraiment partagée entre les deux personnages et je ne savais plus quel parti était « juste ». Je pense que c’est aussi un des choix de l’auteur mais j’ai trouvé ça assez désagréable en tant que lectrice…

Le fait que Helen veuille qu’Alexandru ait un brillant avenir est aussi très obsédant. C’est l’amour d’une mère pour son fil poussé à son paroxysme (c’en serait presque effrayant). J’ai trouvé qu’elle l’étouffait sans s’en rendre compte, « pour son bien ». Helen a donc aussi de très mauvais côtés, et c’est précisément ce pourquoi j’ai apprécié le personnage (elle n’est pas une mère parfaite et en essayant de faire de son mieux, elle produit par exactement l’effet inverse).

Le style de l’auteur est simple mais efficace et immerge complètement dans l’histoire. Je trouve que l’ensemble aurait pu être plus court mais reste quand même un bon ensemble en tout. Le premier chapitre est d’ailleurs une entrée en matière assez… fracassante. Je ne m’étalerai pas là-dessus mais je suis presque contente que l’auteur ait choisi de raconter ce passage en premier, quand on n’est pas encore très attaché aux différents personnages…

En conclusion, il ne s’agit pas d’un roman très joyeux mais si vous cherchez un livre historique sur le développement d’un personnage et les relations humaines, Un brillant avenir est pour vous!

Note: 3,5/5. Un bon roman un peu long sur les bords…

T.

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