Cette fille, c’était mon frère – Julie Anne Peters

Cette fille, c’était mon frère – Julie Anne Peters

 

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Une couverture sobre qui mise tout sur son titre accrocheur… et ça marche!

 

Résumé éditorial : « Depuis le début, j’avais l’impression d’avoir une grande sœur plus intelligente, plus sympa, plus jolie – du moins, elle l’aurait été si elle avait pu s’habiller en fille. »

Regan voudrait juste être une ado comme les autres. Mais comment trouver sa place dans l’ombre d’un frère génial et populaire ? Un frère dont elle est la seule à partager le secret. Un secret qui ne veut plus l’être et qui va tout bouleverser.

Avis personnel : Cette chronique va aborder la transsexualité : si vous ne vous sentez pas à l’aise avec le sujet (ce qui peut se comprendre), alors vous n’aimerez pas cette chronique et, par conséquent, je pense que vous n’aimerez pas ce livre. Just saying.

Cette fille, c’était mon frère m’a tapé dans l’œil par son titre. Je me suis rapidement doutée du sujet auquel je ne connais rien du tout (et c’est pas peu dire) et me suis dit que ce serait pas plus mal d’y jeter un petit coup d’œil, étant donné que tout ce que je ne connais pas m’intéresse. Bref (oui, ce mot est ma marque de fabrique).

Regan est le personnage principal, une ado un peu paumée qui correspond par-fai-te-ment au cliché – à l’étiquette ? – de « l’ado-un-peu-paumée-effacée-derrière-son-grand-frère-en-fait-non-grande-sœur ». Pas le genre de personnages que j’ai tendance à apprécier puisqu’on a en général le droit à toute la complainte de l’ado qui se sent seule et qui est trop moche et trop asociale et trop-trop quoi. Mais bon, c’était un peu la base du personnage. A côté de Regan l’ado (elle est même persuadée qu’elle a une sorte de bouclier invisible activé en permanence qui lui permet de passer inaperçue au lycée.), on a Liam, son grand frère qui est le petit génie de sa promotion, cerveau brillant qui fabrique lui-même des ordinateurs à partir de pièces détachées pour ensuite les revendre à ses camarades.

Pour tous ceux qui le connaissent dont sa meilleure amie Alyson, Liam est un type tout à fait normal, juste supérieurement intelligent et bien fichu mais tout s’arrête là. Seulement, ce que Regan sait (et pas tous les autres, justement), c’est que Liam est transsexuel. En privé, lorsqu’il est sûr que personne ne va surgir et le surprendre, il s’appelle Luna est se sent beaucoup plus féminin que masculin.

Tout se passe donc moyennement pour le mieux. Si on ajoute à cela le fait que le père de Regan et Liam est un blagueur invétéré sexiste qui aimerait entretenir une bonne vieille relation père/fils bien viril avec Liam, que leur mère est une organisatrice de mariage qui se shoote au médicaments pour rester en forme et que Regan craque déjà pour un type de sa classe de chimie alors qu’elle le connaît depuis à peine une heure… Wow. J’ai eu un peu de mal à accrocher au début, tout simplement parce que :

  1. J’avais vraiment l’impression que tous les malheurs du monde s’étaient ligués contre Liam et Regan, en les faisant atterrir dans la famille la plus pourrie du monde.
  2. Le comportement de Regan. Comme si elle était juste une ado dont les hormones se déclenchent subitement, la poussant à se jeter sur le premier gars venu (Il s’appelle Chris)
  3. Le comportement de Liam/Luna. La nuit, lorsqu’ « elle » s’habille en fille… Liam change complètement de personnalité pour devenir une sorte de poupée ultra-girly qui ne pense qu’aux vêtements/maquillage/à être la plus belle. Cliché Barbie, bonjour (peut-être que je me trompe bien sûr, mais est-ce qu’être transsexuelle transforme la personnalité de quelqu’un à ce point ? On reste soi-même, on devient soi-même)

Il y avait beaucoup de points négatifs sur lesquels je n’arrivais pas à passer et je n’accrochais pas à l’écriture de Julie Anne Peters, ce qui n’arrangeait rien…

Cependant, j’ai été très surprise au niveau de l’évolution du style de l’auteur, justement. Le rendu n’était pas du tout le même entre la plume de Julie Anne Peters au début de Cette fille, c’était mon frère et à la fin. L’histoire évolue elle-aussi, les personnages avec et je me suis même surprise à apprécier le personnage du père alors que je hais toujours autant la mère (croyez-moi, je ne hais pas beaucoup de personnages mais elle, je ne peux pas la sentir. Vraiment.) Regan me reste toujours coincée au travers de la gorge, au contraire de Luna même si elle avait parfois vraiment tendance à être très « girly ».

Regan cherche à protéger au maximum Luna alias Liam du monde extérieur alors que celle-ci veut juste pouvoir assumer sa véritable personnalité, ce qui mène à des déchirements assez durs: sur ce point-là, la relation entre sœurs (puisque Liam est une fille avec le corps d’un garçon) est très bien abordée. On sent bien l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre, leur complicité: seulement, la situation est telle qu’il s’étouffe l’un l’autre.

Ce n’est pas un livre qui vous fera passer un moment sucré, détente, romantique ou je ne sais quel autre adjectif sirupeux – il y a une bonne dose d’angoisse pour les personnages, en particulier pour Liam dont le secret peut être révélé à tout instant –, mais j’y suis restée accrochée comme une huître à son rocher pendant deux jours. En soi, il ne s’agit pas d’un livre incroyablement bouleversant qui vous fera verser des fontaines de larmes (ou aors je suis juste très stoïque/pas du tout sentimentale) mais ça reste une bonne lecture que je conseille. La transsexualité est si peu abordée en littérature en France que Cette fille c’était mon frère en devient d’autant plus intéressant!

Note : 3/5.

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PS : si vous lisez jusque là, bravo ! Sinon, bah… tant pis, hein, vous aviez sans doute mieux à faire que de rester jusqu’à la fin de cette chronique et vous ne saurez jamais que cette fin existe (snif).

Ces trente-huit mots (oui, j’ai compté les mots des phrases précédentes. En effet.) pour célébrer officiellement le premier anniversaire du blog, créé il y a un an tout pile alors que je voyageais en Espagne (oui, ce blog est hispanique d’origine. OK, j’arrête… !)

Ça fait tout de même un peu bizarre et, même si nous n’avons pas toujours été régulières sur nos chroniques/articles/bref, vous me comprenez, nous tenions (Nola et moi) à remercier tous les abonnés du blog et ceux qui viennent jeter un petit coup d’œil régulièrement, ça fait toujours plaisir… et si nous arrivons à vous convaincre à lire un livre en particulier ou à écouter un groupe précis, alors tant mieux ! 😀

Encore un grand merci !

T.

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2 réflexions sur “Cette fille, c’était mon frère – Julie Anne Peters

  1. Sev dit :

    Effectivement la transexualité est très peu abordée, et encore moins, je pense, en littérature pour ados… Donc c’est déjà un bon point pour ce livre, même si le reste laisse un peu à désirer… Bien que la fin de ta chronique soit porteuse d’espoir, tant pour le style narratif que l’évolution des persos!
    J’ai lu récement ‘Un homme trop parfait’ de Marian Keyes, dans lequel le travestissement est un thème traité (pas la transexualité par contre), et en gros pavé je te conseille Middlesex de Jeffrey Eugenides, qui traite, lui, de l’intersexualité. J’ai chroniqué les deux sur mon blog si cela t’intéresse 🙂
    Et enfin, pour trouver d’autres pistes de lecture sur le sujet, il y a un challenge contre l’homophobie en cour (mais élargi à la cause LGBT). Le challenge est aussi repris sur mon blog 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Kundle dit :

    Joyeux anniversaire les filles ! ou i Feliz navidad ! (mon espagnol est un peu rouillé alors j’espère que je ne me suis pas trompée) . Jolie chronique, très complète hâte de le lire.

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